Discours de Pierre-Yves Jeholet à la Fête du Peuple Fouronnais le 12 octobre 2014

Chères Fouronnaises,
Chers Fouronnais,

Si des articles de presse ou des commentaires sur le blog avaient comme objectif de ne pas me faire dire les choses comme je les pense voire de m’interroger sur ma présence ici, je peux vous rassurer, je viens ici en toute sérénité et en toute amitié.

Je voudrais tout d’abord vous dire que le MR s’est toujours engagé, et s’engagera demain, là où il est au pouvoir, à ce que les droits des francophones soient partout respectés, y compris dans les Fourons.

Depuis hier, un nouveau Gouvernement fédéral s’est formé en fonction des résultats électoraux, notamment en Flandre, en fonction d’une volonté de changement et de réforme socio-économique, en fonction aussi du fait que du côté francophone, des partis ont posé des actes menaçant la stabilité de notre pays.

Le MR a pris ses responsabilités, en évitant une crise qui aurait été catastrophique pour le pays et ses citoyens.
Il est plus facile de crier au balcon que de prendre ses responsabilités. Mais loin de moi l’idée de polémiquer ici, à l’occasion de votre fête.

Mais c’est vrai, le MR assume la suédoise. Je vous en parle ce dimanche parce que si je ne le faisais pas, vous me le reprocheriez.
Les libéraux, les réformateurs, assument et prennent leurs responsabilités, ils osent avec un certain courage et sans tabou, mener des réformes structurelles dans un contexte économique difficile, dans un contexte sociétal et géopolitique qui interpelle. Le travail, le pouvoir d’achat des citoyens, la viabilité de notre sécurité sociale sont au cœur du programme gouvernemental.

Le Premier Ministre s’est engagé à être le défenseur de l’ensemble des communautés de ce pays, et donc des francophones, où qu’ils se situent, y compris dans la périphérie bruxelloise, y compris dans les Fourons. Dans l’accord gouvernemental, il n’y a pas, contrairement à ce qui a été dit ou écrit, une ligne institutionnelle. La priorité c’est de mener les réformes pour qu’il y ait de l’activité économique, créer de l’emploi, garantir une solidarité envers ceux qui en ont le plus besoin et aussi répondre aux préoccupations de nos concitoyens pour leur assurer un avenir ainsi qu’aux générations futures.

Léo Strauss, un des grands auteurs politiques du 20e siècle, a écrit : « Les libéraux tiennent pour sacré le droit de tout homme, si humble, si bizarre ou si incapable de s’exprimer soit-il, de critiquer le gouvernement ».
Ce texte est dans sa formation daté, mais il nous rappelle que la démocratie doit supporter la critique, elle en a même besoin.

Mais je voudrais néanmoins faire deux mises en garde :
–    Attention aux discours, aux propos guerriers, haineux parfois de certains, ça ne fera que renforcer l’intolérance. Les francophones doivent être rassemblés plutôt que divisés.
–    Deuxièmement, attention que des entités fédérées, la Wallonie en particulier, ne tombent dans la facilité « politique » de réagir et d’agir en fonction de ce qu’il se passera au fédéral.

Nous avons, avec la 6e Réforme de l’Etat, l’occasion de nous prendre en main et de montrer que nous pouvons aussi avoir le courage de définir nous-mêmes notre destin.

En tant que nouveau chef de l’opposition au Parlement wallon, sachez que l’intérêt de la Wallonie primera toujours dans les débats que le MR mènera à l’avenir avec force, certes, fermeté, vigilance mais aussi loyauté, loyauté qui sera indispensable, nous en sommes convaincus, envers le fédéral.

Par contre, permettez-moi de douter de l’intégration francophone quand on constate qu’après les efforts qui avaient été faits par le passé, on désigne à nouveau un Ministre-Président uniquement pour la Communauté française, la Fédération Wallonie-Bruxelles ?
Je regrette qu’il n’y ait pas une plus grande cohésion des exécutifs, des budgets et des administrations. Pour Fourons, c’est déjà l’absence de cohésion intra francophone qui a fait que des discours de politique prestigieux prononcés à cette tribune depuis des années n’aient pas toujours été suivis dans les faits.

Le MR devait aller au feu à Fourons cet après-midi parait-il, d’accord. Mais que toutes les formations politiques aient le courage de balayer devant leur porte. J’y ai fait allusion, osons dire que toutes les promesses faites à cette tribune sont souvent restées au stade des promesses.

Quelles ont été les suites du groupe de travail Wallonie-Bruxelles, groupe Spaak-Busquin, dont toutes les formations politiques faisaient partie ?
Mais soulignons quand même que les actions ponctuelles ont rappelé à la conscience wallonne qu’ici dans les Fourons, les droits élémentaires des Wallonnes et des Wallons ont été malmenés, bafoués.

Venons –en à un sujet d’actualité, même si on en parle depuis un certain temps : le dossier du soutien et du rachat de l’école francophone des Fourons.

En 2011, lors du 35e anniversaire de la Fête du Peuple Fouronnais, le Ministre Marcourt avait brûlé la politesse et formule d’usage aux orateurs, en indiquant dans un communiqué de presse préalable que la Fédération Wallonie –Bruxelles rachèterait le bâtiment. Je me rappelle pour la petite histoire que José Happart avait davantage confiance en la solidarité des communes wallonnes voisines que dans une institution inefficace qui n’a pas arrêté de freiner la Wallonie. Qu’en est-il aujourd’hui, Monsieur le Ministre ? Rien n’a bougé ! Les échéances du 15 octobre et du 31 décembre approchent.

Les compétences de l’école et des bâtiments scolaires étant, contrairement au passé, regroupées dans les mains d’une même ministre, Madame Milquet, pour ne pas la citer, on peut attendre une réponse claire aujourd’hui peut-être au Parlement et en tout cas mercredi car je me chargerai de lui poser la question et je souhaite obtenir une réponse claire.

C’est évidemment essentiel pour rassurer les élèves et leurs parents.

En conclusion et en tant que Bourgmestre de la Ville de Herve, je voudrais aussi rappeler les liens d’amitié entre Fourons et les communes wallonnes. Je pense notamment à mes amis Arnaud Dewez de Dalhem, Jean-Claude Meurens d’Aubel et Marcel Neven de Visé.
Je me réjouis de la signature de la Charte d’Amitié des communes d’Oupeye et de Malmedy.
A Herve, nous avons aussi signé cette Charte d’Amitié.
A Herve, nous avions des pompiers qui étaient fiers et heureux d’être au service des Fouronnaises et des Fouronnais car la sécurité n’a pas de prix.
A Herve, le MR a proposé sur son quota un poste de commissaire à Intermosane à José Smeets. Une preuve encore de soutien et d’amitié.

Ceci étant dit, je vous redis que le MR est avec vous dans votre combat pour le respect des droits des citoyens et des libertés individuelles, ici à Fourons.